Minuit. Impossible de dormir. Je repense à ce concert, je me repasse les chansons dans la tête. Je ressens encore ces frissons aux premières notes de Albion, cette boule dans la gorge sur There she goes, et cette excitation en chantant (en criant, plutôt !) Fuck foreeeeveeer, Peter et moi dans la même salle, chose à laquelle j’avais rêvé bien des nuits.
Je décide donc de créer une page web pour poser mes pensées. Peut être est-ce dû à la dissertation sur les blogs que je dois rendre dans mon cours de linguistique. Peut être. Peut être tout simplement la flemme de travailler, un ordinateur à côté de moi, et un ennui profond qui s’empare de mon petit corps fatigué.
Jeudi 22 Novembre. Le premier jour où mon séjour Erasmus a enfin signifié quelque chose. Enfin un évènement qui allait me faire comprendre que je n’étais pas là pour rien. Que je n’étais pas à me morfondre dans une ville triste et vide pour rien. Que je n’étais pas en Angleterre pour haïr tous ces étrangers qui s’amusaient à aller danser sur des notes idiotes de r’n’b régressif et de dance froide dans des endroits « hype » où le décolleté plongeant jusqu’au nombril et la jupe-ceinture sont de rigueur pour avoir accès à la salle vip où l’on nous massacre les oreilles à coups de Westlife… Enfin ma chère Angleterre se dévoilait à mes yeux telle que je l’avais toujours rêvée.
Manchester.
18h20, Alizé, Galla, Sofia et moi, arrivons à
Première partie, Joe Lean and the Jing Jang Jong. Un petit chanteur peut être même pas majeur secouant sa mèche sur des rythmes brit rock, manquant de casser en deux son corps « frêle et malingre », comme dirait Alizé, à chaque saut... Bonne musique cependant, mais trop court. Je comprends à présent la signification de « guest », c’est un peu « bon les gars, vous êtes invités, alors faites-vous pas remarquer, monopolisez pas trop hein.. »
Arrive Dizzie Rascal. LE groupe de rap tant aimé des ‘chavs’ Mancuniens. Voilà qui explique la présence de tous ces jackies en jogging au milieu du public constitué principalement de rockeurs imberbes et stériles (le slim est sexy, le slim est rock, mais le slim tue vos parties génitales, messieurs) et de nanas jouant probablement à celle-qui-portera-le-short-le-plus-court-de-la-soirée… Ces même beaufs qui huaient notre groupe tant attendu pendant leur set, balançant ça et là des bières (pleines !) à travers le public. Le Mancunien doit être plus riche que le Lyonnais, parce que chez nous ils finissent la bière avant de jeter le verre…
Enfin, le moment tant attendu. Babyshambles on stage. Pete apparaît. Sobre, semble-t-il. "It's hard playing these gigs sober, y'know?" Soulagement dans mon petit coeur.
Carry up in the morning. Les chansons s’enchaînent. On se déchaîne. Galla devient fan. Alizé et moi, en membres Citronesques et avides de rock’n’roll, nous rendons compte de la chance que nous avons d’assister à un si beau spectacle. Sourires à pleines dents, l’œil brillant d’émotion. On attend There she goes, elle arrive enfin. Des frissons. Elle repart. Quelques chansons acoustiques, ambiance tamisée, on en oublie les milliers de spectateurs dans cette immense arène et on se croit l’espace d’un instant en concert privé. Dans son salon. Puis le premier album revient en force, Pipedown, où Pete nous fait chanter les « la lala lalalalalala lala..» pendant l’intro. Kilamangiaro, Back from the dead…
Je chante à tue tête. Je m’amuse, j’ai le cœur qui bat à 1000 à l’heure. Comme un enfant qui débarque à Disneyland et qui doit cligner des yeux pour réaliser qu’il ne rêve pas. Mais arrive Fuck Forever. Aux premières notes je comprends, et j’hésite entre l’explosion de joie d’entendre enfin cette chanson en live, et les sanglots, car je sais que c’est fini. C’est un drôle de sentiment. Ca fait du bien et du mal à la fois. Sauf que la boule dans la gorge met du temps à descendre. Les lumières se rallument. Pas de French dog blues. Dommage.
On remonte les marches à regret. Mais je n’ai qu’une idée en tête. Après un concert, on ne peut en avoir qu’une. C’est LA rencontre. Mais des obstacles se dressent devant nous. Des bulgares qui veulent nous raccompagner à Liverpool, un Frenchie qui fait ses premiers pas dans le journalisme anglophone (mais nous ne réussissons qu’à créer un joyeux brouhah empreint de nostalgie devant son micro tendu), des vigiles insensibles au charme de 4 jeunes demoiselles en émoi que nous sommes, des gens méchants qui nous poussent vers la sortie. Arrive alors le vigile chétif, un petit rouquin pas très futé que nous soudoyons quelques minutes avant qu’il perde tout contrôle de sa personne et nous indique le fameux portail où nous devons attendre si nous voulons apercevoir un bout d’ombre de Pete Dockerty (ne vous méprenez pas, ceci n’est qu’une transcription phonétique du nom de ce cher Peter : j’aurai au moins appris une chose en Angleterre…) au moment où celui-ci gagnera son bus afin de s’abreuver et de s’adonner au pratiques rock’n’rollesques que nous lui connaissons. (Mais non mais non, il a arrêté..)
...To be continued...

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