The End Bar, Newcastle. Effectivement. Il nous faut traverser la ville et le quartier gay pour accéder à ce local reculé. Espérons que le jeu en vaudra la chandelle, pour des billets réservés sur le net presque un mois à l’avance. Un public masculin et exclusivement anglais, bon début et ambiance intimiste par l’étroitesse du bar.
Dananananaykroyd. Groupe d’aspect hétéroclite, un chanteur malingre au look Hadouken-ien, une bassiste plutôt popeuse 70s et le reste du groupe oscillant entre rockeur, mod et grunge, on ne sait à quoi s’attendre de ces inconnus qui arpentent la scène, confiants et détendus. Le public se tait, respectueux mais impatient. C’en est presque irréel, comme le sentiment d’être sur le point d’assister à quelque chose d’exclusif.
Dès la première chanson, Pink Sabbath -perle que je qualifierais de pop-punk expérimentale- un véritable courant électrique traverse la salle. Le chanteur nous demande de nous approcher. La scène est si basse, c’en est intimidant, personne ne bouge. Quelques blagues, et le public se décide d’avancer de 20cm. Style indéfinissable, pop hardcore peut être ? Genre Pavement rencontre At The Drive In pendant un concert de Sonic Youth. Mais en fait, pourquoi chercher à enfermer les artistes dans des catégories ? Je sais c’est une stupide habitude et ça ne veut strictement rien dire, je vous l’accorde. Revenons à nos envoûtants. Les chansons s’enchainent, le chanteur se déchaine. La scène est vraiment petite, trop petite pour une telle énergie. Ses seuls moments de répit : quand il se met à la (deuxième) batterie judicieusement tournée dos au public pour un retour bondissant plus rapide sur le devant le la scène. Confiance exacerbée, ça ne les rend que plus crédibles. Les musiciens font des allers-retours dans le public. Tout va très vite, on ne sait où donner de la tête. Puis on nous sépare en deux, créant un fossé au milieu de la salle, nous faisons maintenant face à une moitié de public. 1, 2, 3, on est censés se sauter dessus, le but étant d’approcher la personne d’en face pour lui donner un hug (=montrer son affection à son prochain en le serrant dans les bras) qui finit en joyeux brouhaha mêlant pelotage, coups et changement de voisin. On enchaîne avec une polka type Red Nex, peu pratique dans une si petite salle. Il fait chaud, d’ailleurs le chanteur est maintenant torse nu, dégoulinant. C’est à ce moment là qu’il choisit de revenir dans le public pour une nouvelle session de hugs, baptisant ainsi mes vêtements et mon visage de sa sueur. Le corps humain et ses 65% d’eau prennent enfin un sens à mes yeux après des années d'incompréhension en cours de bio! Une dernière chanson, et c’est fini. Déjà. Jusqu'à ce qu'ils deviennent le meilleur groupe indé, disons, cru 2009!?

1 commentaire:
J'en ai la larme a l'oeil !
Je revis ce moment magique !
Quelle verve, quelle force dans tes mots ! C'est beau !
Danananananykroyd !!!
Danananananykroyd!!!!
Danananananykroyd!!!!!
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