12.4.08

Un faucon et une scie à métaux

J’arrive au Yorkshire House, je pousse la porte, le premier visage que je vois est celui de Jeremy Barnes, le dieu de la soirée. J’en ai la confirmation en voyant Heather, la violoniste, aller lui parler. J’ai le sourire aux lèvres.

Richard, l’organisateur, me salue en entrant. Il a du maquillage vert et des paillettes. La salle est déjà à moitié pleine. Moyenne d’âge, 30 ans. Ca change. Première partie (The Balkanics Band) qui donne envie de danser, l’ambiance est à la fête.
Deuxième groupe à oublier. Pas mal en soi, mais le public n’était pas là pour un suicide collectif, non, pas ce soir. Dommage. Ca serait passé nickel en première partie de Nick Drake…

Puis, a Hawk and a Hacksaw… ENFIN !!! Une bonne heure d’accordéon, de violon, de chants, de bruitages, de trompette… Une salle qui danse, qui crie, qui fait la ronde ! J’aime. Jeremy descend de scène et joue du tambour au milieu du public. La tension monte d’un cran, le public et survolté. Il faudra un bon moment avant d’entendre The moon under water, mais c’est l’apothéose en entendant les premières notes d’accordéon. La foule forme une ronde et s’essaie à des danses folkloriques bulgares.
Le groupe a une telle fougue que la salle est comme transportée sur un bateau à toute allure. Drôle d’impression, mais ça fait du bien quand même dans nos petits cœurs. J'aurais voulu voir Neutral Milk Hotel aussi.

Le concert se termine, des contacts se créent dans la salle qui se vide peu à peu. Des photographes, l’organisateur qui, après une dizaine de mails échangés, prend enfin l’apparence d’un être humain, une slovaque qui fait le tour d’Europe en vélo, mon ami Norvégien qui part, Johannes cherche des gens avec qui partager un taxi, une française qui vit au Pays de Galles.
Jeremy Barnes passe devant moi, trop intimidée je ne parviens qu’à balbutier quelques félicitations, il hoche la tête, part. Heather me sourit. Je m’endors.

7.4.08


En France on dit « Caprice des Dieux... le paradis sur terre ». Pfff… foutaises !!! S’ils savaient… Mon coin de paradis, moi, je l’ai trouvé. Il se situe sur une île. Plus précisément sur une île plus réputée pour sa malbouffe, sa grisaille et sa pluie perpétuelle. Là encore j’ai envie de crier « injustiiiiice » ! Les gens ne savent pas de quoi ils parlent, ou plutôt ils jugent sans même y mettre les pieds. Qu’ils les laissent et les traînent chez eux, on fait sans ici. Ici, c’est bien sûr la Grande Bretagne. La Grande Bretagne qui m’a ouvert ses bras il y a quelques mois et dans lesquels je me love depuis. Trop à dire sur ce pays, je vais pour cette fois m’en tenir à un trait caractéristique de la GB, qui n’est ni l’humour noir, ni l’amour pour le thé, mais tout simplement la beauté intérieure du peuple british…

Les Britons… que dire ? Un peuple tolérant, ouvert, qui ne juge pas, les gossips sont réservés aux stars, pas aux mortels comme toi et moi. Ouais, c’est ça en fait qui me manquait. Un endroit où les gens sont tolérants. Ou tu peux avoir des idées, des goûts, des préférences, un style, sans avoir peur de la réaction de l’autre. Où avoir les cheveux bleus et travailler dans un bureau est possible. Où être goth ou punk ne fait pas de toi un rebut de la société. Où tu peux sortir acheter du pain en pyjama sans que les gens se retournent sur ton passage. Tout simplement, les Anglais s’en foutent ! Si la liberté d’expression avait une nationalité, nul doute qu’elle serait Anglaise.

Si tu es une fille, essaie de compter le nombre de fois ou tu t’es fait siffler à Guillotière alors que tu étais en JOGGING ! Ici, je sors à minuit en mini jupe, short, talons… sans avoir jamais reçu une seule remarque. Les vraies anglaises, elles, préfèreront sortir à moitié nues (parce que le vestiaire coûte trop cher, me dit-on…), avec tout l’attirail (maquillées comme des voitures volées, talons aiguilles, pompons, paillettes à outrance) qui serait jugé obscène dans notre vieille Gaulle. A côté, la Française de base semble équipée pour une semaine de ski à Tignes. Mais les Anglais sont éduqués. Sifflements et gestes déplacés, ça n’existe pas. C’est à peine s’ils regardent. Etre regardées comme un bout de viande, les Anglaises, elles ne connaissent pas. Au contraire, ce sont elles qui chassent.


Les idées en bataille

J’en peux plus. J’écoute ça en boucle jour et nuit. C’est tout simplement formidable. J’ai entendu ce groupe pour la première fois dans des clubs indie à Londres, sans savoir ce que c’était. C'est hype là bas. Ou bien je ne suis qu'une bouseuse Lancasterienne facilement impressionnée par quelques riffs ajoutés à des bip-bip dissonants. Le côté geek de la chose m’a plu, je m’imaginais le genre de forcenés en chemises à carreaux et lunettes à grosse monture. Quelques jours plus tard j’étais à HMV avec un pote qui me montre un CD « Tu connais Battles ? » « Non » « C’est un groupe math rock, ils sont bons ». Math rock, genre Don Caballero ? Ok, j’essaierai, généralement c’est du bon. Je rentre chez moi, j’allume mon ordi, direction Youtube. Et j’y reste scotchée pour le reste de la journée. Pas le rock math que je connaissais. Encore mieux. Encore plus puissant, plus électro, plus grunge, plus vibrant. Un vrai air de nerds comme prévu, mais je kiffe. Ces gars là sont vraiment bons. Des morceaux de 6 minutes, une structure rythmique atypique, qui ne cesse de changer et un batteur qui assure pour pouvoir garder le tempo tout le long et tenir le reste du groupe jusqu’au bout. Complexe à en perdre la tête. Presque pas de chant, et quand il est utilisé c’est plus à des fins expérimentales, ce n’est plus qu’un son modifié, distordu, légèrement crados. Bref, Battles c’est tellement dissonant que c’en devient mélodieux.
Par ici pour découvrir : http://fr.youtube.com/watch?v=IpGp-22t0lU
Et pour ceux qui s'attacheraient un peu plus à cette musique de malades mentaux, un petit live en cadeau... http://fr.youtube.com/watch?v=3PbYLafK1OU

26.1.08

Sponsor bands?!

Autre question existentielle...oui décidément, je réfléchis beaucoup ces temps-ci.
J’attendais le bus dans ma rainy Lancaster et j’ai développé une superbe théorie. Oh ça m’aura bien pris 2 ou 3 minutes, j’ai fait mûrir une réflexion complexe dans ma petite tête.

C’est que les groupes qui utilisent des noms de villes ou de pays (et même de monuments !), et ben en fait ils doivent être tellement fauchés qu'ils s'offrent en sponsor pour des lieux touristiques tombés en désuétude ?
Pour n’en balancer que quelques uns qui profitent de la notoriété d’un lieu pour arrondir leurs fins de mois… Boards of Canada, Phoenix, British Sea Power, Cajun Dance Party, The Parisians, Tokyo Police Club, The Detroit Cobras, Manchester Orchestra, Please Don't Blame Mexico, Beirut, Arctic Monkeys, I'm From Barcelona, Eiffel, Of Montreal, Forward Russia, Architecture in Helsinki. On assiste même à des poussées mégalos, telles que The Presidents Of The United States Of America, et pour ceux qui n’ont pas su garder les pieds sur terre, on nous parle de Venus et 30 Seconds To Mars, …

Non mais sérieux!!

10.1.08

Meals....confusion!!

Pendant toute notre scolarité, on nous a appris que les différents repas de la journées s'appelaient Breakfast, Lunch, Dinner. D'autres nous embrouillent avec leur Supper. Dîner, Souper?

Après une vive conversation avec ma coloc, j'apprends que les appellations officielles sont Breakfast, Dinner et Tea. J'en reste sans voix. Maudits profs d'anglais! Dans ce cas là, Tea ne signifie pas "prendre le thé", mais réellement "dîner", en tant que repas complet!
Après quelques recherches sur le net, la différence d'appellation varierait en fonction de la classe sociale ET de la région... Déjà pas compliqué hein?

Mais il y a un truc qui me turlupine.... Comment vous faites, vous, si vous voulez inviter le sex symbol du coin et qu'il se pointe à l'heure du dîner (avec une faim d'ogre, bien entendu, car vous dévorer des yeux ne suffit pas!) sans que vous n'ayez rien préparé, ruinant ainsi vos chances de tout mariage futur? Et vous aurez l'air bien con, de proposer "would you like to go out for dinner", en entendant dinner = repas de midi, et que votre interlocuteur refuse poliment "sorry, i already have plans for tonight"...?

Help meeeeeeeeal!

5.1.08

The promise

« I’ll never do it again », but I did it even so

Because I didn’t know that the pain

Would stay more than a little mo

« I’ll never do it again », I said to my friend Jo

And I pronounced it as a vow while we were walking under the rain

But I knew she didn’t trust me, oh no

« I’ll never do it again », I just wanted to be sane

I just wanted to remove this stain

But I was already on the wrong lane

And all my efforts remained vain

“Henceforth I’ll do it again and again”…

30.11.07

The Ghost Frequency

Une page myspace rappelant étrangement la police d'écriture des Cramps. Des photos de monsieurs punkabilly sautant dans les airs avec des pantalons trop court et des bretelles aux motifs de touches de pianos. C'était décidé, je devais aller les voir. Pour une fois qu'un groupe cool jouait à Lancaster. J'ai écouté les 2 premières notes, quand même. Et là le choc! Un groupe génial!! J'ai soudoyé tous les rockeurs dans l'âme possibles de Lancaster pour venir au concert avec moi.

Sugarhouse, on arrive en avance. Les guests commencent. Un genre de Mogwai, mais plus punk et toujours sans chanteur. Sympa mais un peu long.

Puis arrive LE groupe. Pemière chanson qui décoiffe. Je n'en croyais pas mes yeux. Un si bon groupe, dans ce bled paumé??? Je me suis dit que quelque chose devait clocher, que j'aurais la réponse quelques minutes après. Mais non, les chansons s'enchaînent, les petits gars transpirent mais toujours aussi énergiques, a bondir partout tel des lapins. Le chanteur a grave un bon look, rockabilly quand tu nous tieeeens. C'est déconcertant de voir quel acharnement ils mettent alors que le public ne semble pas trèèès réceptif. Heureusement nous sommes un bon groupe à l'avant, à danser, crier des "apoooooooil" désormais inhérents à chaque set où je me rends, et à se renverser éventuellement un peu de bière sur la tête par des mouvements trop enjoués. Karolina et moi gloussons à chaque cri un peu plus perçant ou chaque saut un peu plus haut du chanteur. "Nightmare", notre préférée (du peu que l'on connait certes..). Eclate totale. Johannes danse comme un fou furieux. Et soudain la musique s'arrête, le groupe part. Already???????? Pas possible. 45 minutes sont passées pourtant. On retourne à regret au bar, noyer notre déception dans du rhum coca. Encore.
On danse un peu, passant d'une salle à l'autre, de Joy Division à Rage Against The Machine, des Arctic Monkeys aux QOTSA, des Hives à du gros métal, en passant par notre désormais incontournable Prodigy, Smack My Bitch, morceau interminable mais tellement jouissif!
Je vais chercher Rebecca qui était au bar avec d'atres anglaises, pour venir danser avec moi. "What are you doing, come and dance with us! It's fucking rock'n'roll there". Elle me désigne un jeune homme à ces côtés et me préente. "err.. Hi, yeah... yeah...er...cool gig". Cet impressionnant rockabillyman ne doit finalement pas mesurer plus d'1m65, il commence à entamer la conversation, Rebecca prend plein de photos, telle une groupie! Arrive le pianiste. Même rengaine. Très sympatique. Sous l'effet de l'alcool, je me sens déjà l'âme d'une journaliste. Je le harcèle de questions dans mon anglais hésitant (beaucoup moins avec l'alcool, bizarrement..), mais il répond à toutes sans broncher. Brave gars. 20 minutes au moins, il aura tenu. Ma vessie était sur le point de rendre l'âme, heureusement qu'il a prétexté devoir retourner backstage. Je retourne vers mon groupe, toute joyeuse.
Arrive la dernière musique de la soirée, annoncée par le dj-geek. Mais nous ne sommes pas fatigués. Toute la salle s'unit et s'asseoit en plein milieu du dancefloor, imbibant ainsi nos vêtements de liquides douteux. Sitting dans une boîte. Jamais vu ça. Mais apparemment on a toruvé ça très drôle, m'a-t-on dit ce matin.