12.2.09

Do You Remember The First Time?

Se réveiller et se rendre compte que dehors c'est la tempête de neige.

Arriver à la fac, assister à son premier cours de Music Industry. Comité réduit. Parler de Joy Division, de Tony Wilson, de Manchester, de la new wave. De mes films préférés. Visionner le trailer de 24 Hour Party People. Ecouter de la musique, analyser des situations, des clips, des artistes. Comprendre le pourquoi du comment. Réfléchir. Discuter encore. Partager nos expériences. Ne pas s'endormir en cours, avoir l'oeil brillant et un sourire bête. Pendant trois heures d'affilée. Avoir un pincement au coeur quand le cours se termine. En avance. Trouver cela inadmissible.

Puis retrouver le chanteur d'un petit groupe local autour d'un verre. Faire partie de son équipe de promo, proposer des idées, contribuer au projet final qui sera la sortie d'un album. Parler de musique pendant des heures.

Regarder par la fenêtre et s'apercevoir qu'il fait nuit. Rentrer chez soi sous la neige. Ecouter de la musique. Encore.

7.12.08

Do not suffocate

Never thought that the past

Would catch me up

And that it would fall on you

I don’t want you to go through all that

If only I could cheer you up

And spend some time with you

I wish I could come back

Tear out that insanity

To show you the light

But I’ve acted like a twat

With my stupid will of liberty

I just want you to know that I care for you

3.12.08

Le groupe au nom le plus imprononçable, aka DANANANANAYKROYD . Entraînez-vous cependant, dans quelques mois il sera sur vos lèvres aussi. On parie?

The End Bar, Newcastle. Effectivement. Il nous faut traverser la ville et le quartier gay pour accéder à ce local reculé. Espérons que le jeu en vaudra la chandelle, pour des billets réservés sur le net presque un mois à l’avance. Un public masculin et exclusivement anglais, bon début et ambiance intimiste par l’étroitesse du bar.

Dananananaykroyd. Groupe d’aspect hétéroclite, un chanteur malingre au look Hadouken-ien, une bassiste plutôt popeuse 70s et le reste du groupe oscillant entre rockeur, mod et grunge, on ne sait à quoi s’attendre de ces inconnus qui arpentent la scène, confiants et détendus. Le public se tait, respectueux mais impatient. C’en est presque irréel, comme le sentiment d’être sur le point d’assister à quelque chose d’exclusif.

Dès la première chanson, Pink Sabbath -perle que je qualifierais de pop-punk expérimentale- un véritable courant électrique traverse la salle. Le chanteur nous demande de nous approcher. La scène est si basse, c’en est intimidant, personne ne bouge. Quelques blagues, et le public se décide d’avancer de 20cm. Style indéfinissable, pop hardcore peut être ? Genre Pavement rencontre At The Drive In pendant un concert de Sonic Youth. Mais en fait, pourquoi chercher à enfermer les artistes dans des catégories ? Je sais c’est une stupide habitude et ça ne veut strictement rien dire, je vous l’accorde. Revenons à nos envoûtants. Les chansons s’enchainent, le chanteur se déchaine. La scène est vraiment petite, trop petite pour une telle énergie. Ses seuls moments de répit : quand il se met à la (deuxième) batterie judicieusement tournée dos au public pour un retour bondissant plus rapide sur le devant le la scène. Confiance exacerbée, ça ne les rend que plus crédibles. Les musiciens font des allers-retours dans le public. Tout va très vite, on ne sait où donner de la tête. Puis on nous sépare en deux, créant un fossé au milieu de la salle, nous faisons maintenant face à une moitié de public. 1, 2, 3, on est censés se sauter dessus, le but étant d’approcher la personne d’en face pour lui donner un hug (=montrer son affection à son prochain en le serrant dans les bras) qui finit en joyeux brouhaha mêlant pelotage, coups et changement de voisin. On enchaîne avec une polka type Red Nex, peu pratique dans une si petite salle. Il fait chaud, d’ailleurs le chanteur est maintenant torse nu, dégoulinant. C’est à ce moment là qu’il choisit de revenir dans le public pour une nouvelle session de hugs, baptisant ainsi mes vêtements et mon visage de sa sueur. Le corps humain et ses 65% d’eau prennent enfin un sens à mes yeux après des années d'incompréhension en cours de bio! Une dernière chanson, et c’est fini. Déjà. Jusqu'à ce qu'ils deviennent le meilleur groupe indé, disons, cru 2009!?

26.9.08




Ca y est, je suis à la maison. Newcastle m’a adoptée, ou bien j’ai adopté Newcastle, ça dépend de quel côté on voit la chose (tout comme Chuck Norris prend l’ascenseur…à moins que ce soit l’asecensur qui ne prenne Chuck Norris.. ?) Bref, une jolie ville dynamique, un appart avec des colocs venus d’horizons différents, une fac où je vais faire un truc qui me plaît, et enfin un job qui promet le meilleur. Que demander de plus pour se sentir à l’aise en moins d’une semaine dans un pays qui n’est pas le sien ?

Mes collègues. A part les quelques Geordies avec lesquels il me paraît difficile de plaisanter vu leur language à peu près incompréhensible, c’est une bonne ambiance qui règle à la Cooperage (the Coop pour les intimes). De la bonne musique en fond, toujours. Une odeur de bière (mélangée à d’autres parfums) qui flotte. Des poutres en bois vieilles de 7 siècles. Un staff piercé, tatoué, stylé, mais aussi ouvert, sympatique et chaleureux malgré les a prioris stupides que l’on peut avoir sur le peuple anglais. Au bout de 2 jours je suis déjà protégée et intégrée.

Il y a Andy, l’urban sosie de Moby qui organise des soirées electro, fait la promo des soirées de la Coop et dessine des flyers, qui a 2 ans de moins que moi mais a du recevoir comme ordres d’agir comme mon père. Il y a Sean, le petit dynamique qui te donne un big smile même s’il te met un flyer de force dans les mains alors que tu es en train de manger ton bagel avec les mains chargées de sacs et qu’une petite pluie perverse est en train de te tomber sur la gueule. Il y a aussi Anthony, qui monte les soirées indie et m’a proposé de l’aider à trouver des groupes et organiser des indie nights. Et puis les serveuses, avec qui je partage le taxi pour éviter le viol nocturne dans les ruelles étroites. Sans parler du boss, qui a ses jours certes, mais qui reste hypra cool et arrangeant. Que demande le peuple ??

12.4.08

Un faucon et une scie à métaux

J’arrive au Yorkshire House, je pousse la porte, le premier visage que je vois est celui de Jeremy Barnes, le dieu de la soirée. J’en ai la confirmation en voyant Heather, la violoniste, aller lui parler. J’ai le sourire aux lèvres.

Richard, l’organisateur, me salue en entrant. Il a du maquillage vert et des paillettes. La salle est déjà à moitié pleine. Moyenne d’âge, 30 ans. Ca change. Première partie (The Balkanics Band) qui donne envie de danser, l’ambiance est à la fête.
Deuxième groupe à oublier. Pas mal en soi, mais le public n’était pas là pour un suicide collectif, non, pas ce soir. Dommage. Ca serait passé nickel en première partie de Nick Drake…

Puis, a Hawk and a Hacksaw… ENFIN !!! Une bonne heure d’accordéon, de violon, de chants, de bruitages, de trompette… Une salle qui danse, qui crie, qui fait la ronde ! J’aime. Jeremy descend de scène et joue du tambour au milieu du public. La tension monte d’un cran, le public et survolté. Il faudra un bon moment avant d’entendre The moon under water, mais c’est l’apothéose en entendant les premières notes d’accordéon. La foule forme une ronde et s’essaie à des danses folkloriques bulgares.
Le groupe a une telle fougue que la salle est comme transportée sur un bateau à toute allure. Drôle d’impression, mais ça fait du bien quand même dans nos petits cœurs. J'aurais voulu voir Neutral Milk Hotel aussi.

Le concert se termine, des contacts se créent dans la salle qui se vide peu à peu. Des photographes, l’organisateur qui, après une dizaine de mails échangés, prend enfin l’apparence d’un être humain, une slovaque qui fait le tour d’Europe en vélo, mon ami Norvégien qui part, Johannes cherche des gens avec qui partager un taxi, une française qui vit au Pays de Galles.
Jeremy Barnes passe devant moi, trop intimidée je ne parviens qu’à balbutier quelques félicitations, il hoche la tête, part. Heather me sourit. Je m’endors.

7.4.08


En France on dit « Caprice des Dieux... le paradis sur terre ». Pfff… foutaises !!! S’ils savaient… Mon coin de paradis, moi, je l’ai trouvé. Il se situe sur une île. Plus précisément sur une île plus réputée pour sa malbouffe, sa grisaille et sa pluie perpétuelle. Là encore j’ai envie de crier « injustiiiiice » ! Les gens ne savent pas de quoi ils parlent, ou plutôt ils jugent sans même y mettre les pieds. Qu’ils les laissent et les traînent chez eux, on fait sans ici. Ici, c’est bien sûr la Grande Bretagne. La Grande Bretagne qui m’a ouvert ses bras il y a quelques mois et dans lesquels je me love depuis. Trop à dire sur ce pays, je vais pour cette fois m’en tenir à un trait caractéristique de la GB, qui n’est ni l’humour noir, ni l’amour pour le thé, mais tout simplement la beauté intérieure du peuple british…

Les Britons… que dire ? Un peuple tolérant, ouvert, qui ne juge pas, les gossips sont réservés aux stars, pas aux mortels comme toi et moi. Ouais, c’est ça en fait qui me manquait. Un endroit où les gens sont tolérants. Ou tu peux avoir des idées, des goûts, des préférences, un style, sans avoir peur de la réaction de l’autre. Où avoir les cheveux bleus et travailler dans un bureau est possible. Où être goth ou punk ne fait pas de toi un rebut de la société. Où tu peux sortir acheter du pain en pyjama sans que les gens se retournent sur ton passage. Tout simplement, les Anglais s’en foutent ! Si la liberté d’expression avait une nationalité, nul doute qu’elle serait Anglaise.

Si tu es une fille, essaie de compter le nombre de fois ou tu t’es fait siffler à Guillotière alors que tu étais en JOGGING ! Ici, je sors à minuit en mini jupe, short, talons… sans avoir jamais reçu une seule remarque. Les vraies anglaises, elles, préfèreront sortir à moitié nues (parce que le vestiaire coûte trop cher, me dit-on…), avec tout l’attirail (maquillées comme des voitures volées, talons aiguilles, pompons, paillettes à outrance) qui serait jugé obscène dans notre vieille Gaulle. A côté, la Française de base semble équipée pour une semaine de ski à Tignes. Mais les Anglais sont éduqués. Sifflements et gestes déplacés, ça n’existe pas. C’est à peine s’ils regardent. Etre regardées comme un bout de viande, les Anglaises, elles ne connaissent pas. Au contraire, ce sont elles qui chassent.


Les idées en bataille

J’en peux plus. J’écoute ça en boucle jour et nuit. C’est tout simplement formidable. J’ai entendu ce groupe pour la première fois dans des clubs indie à Londres, sans savoir ce que c’était. C'est hype là bas. Ou bien je ne suis qu'une bouseuse Lancasterienne facilement impressionnée par quelques riffs ajoutés à des bip-bip dissonants. Le côté geek de la chose m’a plu, je m’imaginais le genre de forcenés en chemises à carreaux et lunettes à grosse monture. Quelques jours plus tard j’étais à HMV avec un pote qui me montre un CD « Tu connais Battles ? » « Non » « C’est un groupe math rock, ils sont bons ». Math rock, genre Don Caballero ? Ok, j’essaierai, généralement c’est du bon. Je rentre chez moi, j’allume mon ordi, direction Youtube. Et j’y reste scotchée pour le reste de la journée. Pas le rock math que je connaissais. Encore mieux. Encore plus puissant, plus électro, plus grunge, plus vibrant. Un vrai air de nerds comme prévu, mais je kiffe. Ces gars là sont vraiment bons. Des morceaux de 6 minutes, une structure rythmique atypique, qui ne cesse de changer et un batteur qui assure pour pouvoir garder le tempo tout le long et tenir le reste du groupe jusqu’au bout. Complexe à en perdre la tête. Presque pas de chant, et quand il est utilisé c’est plus à des fins expérimentales, ce n’est plus qu’un son modifié, distordu, légèrement crados. Bref, Battles c’est tellement dissonant que c’en devient mélodieux.
Par ici pour découvrir : http://fr.youtube.com/watch?v=IpGp-22t0lU
Et pour ceux qui s'attacheraient un peu plus à cette musique de malades mentaux, un petit live en cadeau... http://fr.youtube.com/watch?v=3PbYLafK1OU

26.1.08

Sponsor bands?!

Autre question existentielle...oui décidément, je réfléchis beaucoup ces temps-ci.
J’attendais le bus dans ma rainy Lancaster et j’ai développé une superbe théorie. Oh ça m’aura bien pris 2 ou 3 minutes, j’ai fait mûrir une réflexion complexe dans ma petite tête.

C’est que les groupes qui utilisent des noms de villes ou de pays (et même de monuments !), et ben en fait ils doivent être tellement fauchés qu'ils s'offrent en sponsor pour des lieux touristiques tombés en désuétude ?
Pour n’en balancer que quelques uns qui profitent de la notoriété d’un lieu pour arrondir leurs fins de mois… Boards of Canada, Phoenix, British Sea Power, Cajun Dance Party, The Parisians, Tokyo Police Club, The Detroit Cobras, Manchester Orchestra, Please Don't Blame Mexico, Beirut, Arctic Monkeys, I'm From Barcelona, Eiffel, Of Montreal, Forward Russia, Architecture in Helsinki. On assiste même à des poussées mégalos, telles que The Presidents Of The United States Of America, et pour ceux qui n’ont pas su garder les pieds sur terre, on nous parle de Venus et 30 Seconds To Mars, …

Non mais sérieux!!

10.1.08

Meals....confusion!!

Pendant toute notre scolarité, on nous a appris que les différents repas de la journées s'appelaient Breakfast, Lunch, Dinner. D'autres nous embrouillent avec leur Supper. Dîner, Souper?

Après une vive conversation avec ma coloc, j'apprends que les appellations officielles sont Breakfast, Dinner et Tea. J'en reste sans voix. Maudits profs d'anglais! Dans ce cas là, Tea ne signifie pas "prendre le thé", mais réellement "dîner", en tant que repas complet!
Après quelques recherches sur le net, la différence d'appellation varierait en fonction de la classe sociale ET de la région... Déjà pas compliqué hein?

Mais il y a un truc qui me turlupine.... Comment vous faites, vous, si vous voulez inviter le sex symbol du coin et qu'il se pointe à l'heure du dîner (avec une faim d'ogre, bien entendu, car vous dévorer des yeux ne suffit pas!) sans que vous n'ayez rien préparé, ruinant ainsi vos chances de tout mariage futur? Et vous aurez l'air bien con, de proposer "would you like to go out for dinner", en entendant dinner = repas de midi, et que votre interlocuteur refuse poliment "sorry, i already have plans for tonight"...?

Help meeeeeeeeal!

5.1.08

The promise

« I’ll never do it again », but I did it even so

Because I didn’t know that the pain

Would stay more than a little mo

« I’ll never do it again », I said to my friend Jo

And I pronounced it as a vow while we were walking under the rain

But I knew she didn’t trust me, oh no

« I’ll never do it again », I just wanted to be sane

I just wanted to remove this stain

But I was already on the wrong lane

And all my efforts remained vain

“Henceforth I’ll do it again and again”…

30.11.07

The Ghost Frequency

Une page myspace rappelant étrangement la police d'écriture des Cramps. Des photos de monsieurs punkabilly sautant dans les airs avec des pantalons trop court et des bretelles aux motifs de touches de pianos. C'était décidé, je devais aller les voir. Pour une fois qu'un groupe cool jouait à Lancaster. J'ai écouté les 2 premières notes, quand même. Et là le choc! Un groupe génial!! J'ai soudoyé tous les rockeurs dans l'âme possibles de Lancaster pour venir au concert avec moi.

Sugarhouse, on arrive en avance. Les guests commencent. Un genre de Mogwai, mais plus punk et toujours sans chanteur. Sympa mais un peu long.

Puis arrive LE groupe. Pemière chanson qui décoiffe. Je n'en croyais pas mes yeux. Un si bon groupe, dans ce bled paumé??? Je me suis dit que quelque chose devait clocher, que j'aurais la réponse quelques minutes après. Mais non, les chansons s'enchaînent, les petits gars transpirent mais toujours aussi énergiques, a bondir partout tel des lapins. Le chanteur a grave un bon look, rockabilly quand tu nous tieeeens. C'est déconcertant de voir quel acharnement ils mettent alors que le public ne semble pas trèèès réceptif. Heureusement nous sommes un bon groupe à l'avant, à danser, crier des "apoooooooil" désormais inhérents à chaque set où je me rends, et à se renverser éventuellement un peu de bière sur la tête par des mouvements trop enjoués. Karolina et moi gloussons à chaque cri un peu plus perçant ou chaque saut un peu plus haut du chanteur. "Nightmare", notre préférée (du peu que l'on connait certes..). Eclate totale. Johannes danse comme un fou furieux. Et soudain la musique s'arrête, le groupe part. Already???????? Pas possible. 45 minutes sont passées pourtant. On retourne à regret au bar, noyer notre déception dans du rhum coca. Encore.
On danse un peu, passant d'une salle à l'autre, de Joy Division à Rage Against The Machine, des Arctic Monkeys aux QOTSA, des Hives à du gros métal, en passant par notre désormais incontournable Prodigy, Smack My Bitch, morceau interminable mais tellement jouissif!
Je vais chercher Rebecca qui était au bar avec d'atres anglaises, pour venir danser avec moi. "What are you doing, come and dance with us! It's fucking rock'n'roll there". Elle me désigne un jeune homme à ces côtés et me préente. "err.. Hi, yeah... yeah...er...cool gig". Cet impressionnant rockabillyman ne doit finalement pas mesurer plus d'1m65, il commence à entamer la conversation, Rebecca prend plein de photos, telle une groupie! Arrive le pianiste. Même rengaine. Très sympatique. Sous l'effet de l'alcool, je me sens déjà l'âme d'une journaliste. Je le harcèle de questions dans mon anglais hésitant (beaucoup moins avec l'alcool, bizarrement..), mais il répond à toutes sans broncher. Brave gars. 20 minutes au moins, il aura tenu. Ma vessie était sur le point de rendre l'âme, heureusement qu'il a prétexté devoir retourner backstage. Je retourne vers mon groupe, toute joyeuse.
Arrive la dernière musique de la soirée, annoncée par le dj-geek. Mais nous ne sommes pas fatigués. Toute la salle s'unit et s'asseoit en plein milieu du dancefloor, imbibant ainsi nos vêtements de liquides douteux. Sitting dans une boîte. Jamais vu ça. Mais apparemment on a toruvé ça très drôle, m'a-t-on dit ce matin.

28.11.07

Control

Ciné indé. J'entre dans la salle. Cold wave. Du Joy Division en fond. Rien d'étonnant. Mouais, pas sûr qu'ils l'aient fait en France.

Le film s'ouvre sur des airs de Velvet Goldmine (je prends des risques là, j'espère qu'aucun shoegazer ne passe par là à ce moment là...) Mais un velvet Goldmine en plus Mods. En plus noir aussi. Noir et blanc. Quelques références plus glam, un peu de Bryan Ferry (2HB), un peu de David Bowie (Jean Genie), du Iggy Pop aussi, des poses suggestives devant le miroir et du maquillage, c'est décidément le schéma à la Brian Slade... Mais après tout, pourquoi pas, puisque Bowie est une de leurs influences (cf leur premier nom : Warsaw)...

Mais ça ne dure pas. On rentre vite dans le vif du sujet. Des chansons qui s'intègrent paraitement dans le déroulement de l'histoire, meilleure compréhension. Des jeunes qui aiment la musique, qui montent leur groupe, qui deviennent célèbres. Cliché. Mais ajoutez à cela un mariage précoce, une âme d'artiste torturé et une santé délabrée. Voilà, vous avez saisi le coté sombre de Ian Curtis. Je n'ai pas envie de faire une review ni une critique du film. Pas de détails donc. A vous d'aller le voir. Je serais tentée d'ajouter "même si vous ne connaissez pas Joy Division". Mais je ne le dirai pas. Parce que vous perdriez les 3/4 de l'émotion qui se dégage de ce film. Je vous entends déjà me traiter d'élitiste, pouah! Tant pis. Je reste avec des belles images et de la bonne musique plein la tête, mes frissons et la larme à l'oeil, encore sonnée par cette oeuvre d'Anton Corbjin. C'est juste un peu plus poignant, le fait d'être à quelques dizaines de kilomètres d'où tout cela se passait il y a tout juste 30 ans. "Don't walk away in silence, don't walk away."

27.11.07

Suite du concert

...

Nous arrivons devant la fameuse "black gate" indiquée par notre ami vigile. Une armée d'adolescentes en microshorts est déjà agrippée à la barrière. Nous tentons une approche. Les petites sont émues de voir des françaises, des vraies. Une discussion est entamée. C'est par onomatopées et expressions figées que nous communiquons. La discussion tombe bientôt à plat, leur vocabulaire se limitant à "je parle le français" et "ma tante habite à Paris". Les matières synthétiques recouvrant à peine leur corps ne suffisent pas face au froid mancunien, et les voilà les lèvres bleues, la larme au coin de l'oeil, se voyant forcées de rentrer chez elle (l'heure du coucher étant déjà passée). En fans averties, nous prenons place derrière les barrières, guettant la porte de secours.

Il fait froid. Mais l'excitation nous fait oublier. Nous continuons de guetter, des fans continuent de partir, probablement à moitié frigorifiés. Je crois voir Pete toutes les 30 secondes, la pénombre et le look décidément british de tout Manchester n'aidant pas mon cerveau gelé et conditionné par le concert que je viens de voir. Des pouffes arrivent. L'une d'entre elles ressemble étrangement à Courtney Love. Elle connait Pete, l'appelle. L'autre est la copine de Mick. Elles attendent au même endroit que nous, cela nous remet du baume au coeur. Mais le froid continue de pétrifier nos membres. Nous hurlons "on veut chien bleuuuuu" pour nous tenir chaud. Nous inventons un cri de ralliement en canon ("chien bleu-blanc-rouge") pour nous tenir chaud. Des "Youuu taalk" aigus et intempestis sortent de ma bouche. Nous ne somme plus que nous 4, et puis aussi un photographe, et une fan je crois. Peut être une autre. Pas fait attention. D'autres priorités. L'impatience est bien là. Le froid aussi. Des tremblement. Impossible de dire si c'est le froid ou l'excitation. Au bout d'une heure 30, enfin, j'entends Alizé murmurer "IL est là".

Trop sonnée, je lui fais répéter. Je tourne la tête et je vois Pete, tel un géant, s'avancer vers les grilles. Alizé réussit en moins de 2 minutesà l'aborder, lui sortir un livre, lui traduire son passage préféré de Verlaine qu'il aura encadré, à obtenir une dédicace sur ce même livre (après moultes supplications car Pete n'osait "J'aime Verlaine, je peux pas"), à lui prêter son stylo (qu'il aura mis 3 fois dans sa bouche et qui se vendrait donc à prix d'or sur ebay..), à obtenir un baise main ainsi qu'un "french dog" dessiné sur sa main. Moins douée qu'elle, je réussis à interpeller ce grand monsieur impressionnant, et à obtenir un autographe personnalisé (ça prouve qu'il écoute ce qu'on lui dit) où en plus il m'appelle Blessed Angel. Toute émue, je m'empresse de mettre le précieux papier au fond de mon sac, de dégainer mon appareil photo, et de mitrailler, mais à travers les grilles, c'est dificile, je me sens telle Elvis dans son Jailhouse Rock... La pouffe-Courtney demande à Pete de la faire rentrer par le petit portillon. Je la suis... Elle dit à son autre copine pouffe "oh bah non, si tout le monde nous suit ça va pas, c'est que nous!! Et elle le redit à Pete. Mais Pete est un rebelle voyons, il ne l'écoute pas. Au lieu de ça, c'est lui qui sort carrément en plein milieu de la rue pour venir avec nous!!

Nous sommes maintenant dans le même monde, plus rien ne nous sépare. C'est drôle, c'est si éphémère. Ca tient à peu de choses. Je n'ose pas aller lui parler, de peur de le faire fuir. Mais rester là avec de grands yeux ébahis ne sert à rien. Le froid n'existe plus. Nous prenons notre courage à deux (enfin 6) mains et lui demandons une photo, chose qu'il accepte tout gentiment. Chacun(e) notre tour nous allons lui dire un petit mot, rien n'est organisé, c'est une relation humaine qu'il partage avec nous, rien de plus. Sa disponibilité m'étonne, m'impressionne même. Le pauvre homme a certes joué sobre, mais il s'est bien rattrappé ensuite. Il titube, n'a pas l'air bien. Il a un air un peun triste qui me fait de la peine. C'est comme voir la souffrance qu'il étale dans ses chansons, mais sur son visage. La photo de groupe ne me suffit pas. Je trouve le moyen d'aller l'embêter une fois de plus, lui demande une dernière photo en lui promettant de lui foutre la paix après ça. Toujours aussi patient, il rigole et me acquiesce, me prend dans ses bras. Laisse prendre des photos à loisir. Il me serre dans ses bras, j'ai un sourire bête qui se colle sur mon visage. Il soupire, me serre un peu plus fort et laisse tomber sa tête sur la mienne. La situation est étrange, je n'arrête pas de le remercier, il me sourit, je m'embrouille, je lui dis quelque chose à propos du premier album, il acquiesce, il me dit qu'il est content. Je recule, comme pour lui laisser le choix de partir (chose promise chose dûe). Il nous fait un signe de la main et repart en arrière. Je retourne vers mes compagnes de bonne aventure. On se dit qu'on peut bien mourir de pneumonie le lendemain, c'est pas grave. On crie. Je tremble de tous mes membres. C'est nerveux. On regagne la gare, crier encore, prendre le premier train du matin, rire encore, rêver, se souvenir.

26.11.07

Babyshambles, 22/11/07

Minuit. Impossible de dormir. Je repense à ce concert, je me repasse les chansons dans la tête. Je ressens encore ces frissons aux premières notes de Albion, cette boule dans la gorge sur There she goes, et cette excitation en chantant (en criant, plutôt !) Fuck foreeeeveeer, Peter et moi dans la même salle, chose à laquelle j’avais rêvé bien des nuits.

Je décide donc de créer une page web pour poser mes pensées. Peut être est-ce dû à la dissertation sur les blogs que je dois rendre dans mon cours de linguistique. Peut être. Peut être tout simplement la flemme de travailler, un ordinateur à côté de moi, et un ennui profond qui s’empare de mon petit corps fatigué.

Jeudi 22 Novembre. Le premier jour où mon séjour Erasmus a enfin signifié quelque chose. Enfin un évènement qui allait me faire comprendre que je n’étais pas là pour rien. Que je n’étais pas à me morfondre dans une ville triste et vide pour rien. Que je n’étais pas en Angleterre pour haïr tous ces étrangers qui s’amusaient à aller danser sur des notes idiotes de r’n’b régressif et de dance froide dans des endroits « hype » où le décolleté plongeant jusqu’au nombril et la jupe-ceinture sont de rigueur pour avoir accès à la salle vip où l’on nous massacre les oreilles à coups de Westlife… Enfin ma chère Angleterre se dévoilait à mes yeux telle que je l’avais toujours rêvée.

Manchester. La Terre Promise. Ma Terre Promise. J’y avais déjà passé une journée. Voilà que j’y ai passé la plus belle soirée de mon existence. Bon, d’accord, UNE des plus belles…

18h20, Alizé, Galla, Sofia et moi, arrivons à la Victoria Station. Nous pénétrons immédiatement dans cette immense salle (Manchester Arena) qui nous tendait les bras. Bonne nouvelle, on nous laisse nos appareils photos. On file acheter un tee shirt pour le souvenir (tee shirt qui fera office de pyjama, étant donné que le styliste du fan club du groupe n’a pas l’air d’avoir compris qu’il y avait un public féminin AUSSI).

Première partie, Joe Lean and the Jing Jang Jong. Un petit chanteur peut être même pas majeur secouant sa mèche sur des rythmes brit rock, manquant de casser en deux son corps « frêle et malingre », comme dirait Alizé, à chaque saut... Bonne musique cependant, mais trop court. Je comprends à présent la signification de « guest », c’est un peu « bon les gars, vous êtes invités, alors faites-vous pas remarquer, monopolisez pas trop hein.. »

Arrive Dizzie Rascal. LE groupe de rap tant aimé des ‘chavs’ Mancuniens. Voilà qui explique la présence de tous ces jackies en jogging au milieu du public constitué principalement de rockeurs imberbes et stériles (le slim est sexy, le slim est rock, mais le slim tue vos parties génitales, messieurs) et de nanas jouant probablement à celle-qui-portera-le-short-le-plus-court-de-la-soirée… Ces même beaufs qui huaient notre groupe tant attendu pendant leur set, balançant ça et là des bières (pleines !) à travers le public. Le Mancunien doit être plus riche que le Lyonnais, parce que chez nous ils finissent la bière avant de jeter le verre…

Enfin, le moment tant attendu. Babyshambles on stage. Pete apparaît. Sobre, semble-t-il. "It's hard playing these gigs sober, y'know?" Soulagement dans mon petit coeur.

Carry up in the morning. Les chansons s’enchaînent. On se déchaîne. Galla devient fan. Alizé et moi, en membres Citronesques et avides de rock’n’roll, nous rendons compte de la chance que nous avons d’assister à un si beau spectacle. Sourires à pleines dents, l’œil brillant d’émotion. On attend There she goes, elle arrive enfin. Des frissons. Elle repart. Quelques chansons acoustiques, ambiance tamisée, on en oublie les milliers de spectateurs dans cette immense arène et on se croit l’espace d’un instant en concert privé. Dans son salon. Puis le premier album revient en force, Pipedown, où Pete nous fait chanter les « la lala lalalalalala lala..» pendant l’intro. Kilamangiaro, Back from the dead…

Je chante à tue tête. Je m’amuse, j’ai le cœur qui bat à 1000 à l’heure. Comme un enfant qui débarque à Disneyland et qui doit cligner des yeux pour réaliser qu’il ne rêve pas. Mais arrive Fuck Forever. Aux premières notes je comprends, et j’hésite entre l’explosion de joie d’entendre enfin cette chanson en live, et les sanglots, car je sais que c’est fini. C’est un drôle de sentiment. Ca fait du bien et du mal à la fois. Sauf que la boule dans la gorge met du temps à descendre. Les lumières se rallument. Pas de French dog blues. Dommage.

On remonte les marches à regret. Mais je n’ai qu’une idée en tête. Après un concert, on ne peut en avoir qu’une. C’est LA rencontre. Mais des obstacles se dressent devant nous. Des bulgares qui veulent nous raccompagner à Liverpool, un Frenchie qui fait ses premiers pas dans le journalisme anglophone (mais nous ne réussissons qu’à créer un joyeux brouhah empreint de nostalgie devant son micro tendu), des vigiles insensibles au charme de 4 jeunes demoiselles en émoi que nous sommes, des gens méchants qui nous poussent vers la sortie. Arrive alors le vigile chétif, un petit rouquin pas très futé que nous soudoyons quelques minutes avant qu’il perde tout contrôle de sa personne et nous indique le fameux portail où nous devons attendre si nous voulons apercevoir un bout d’ombre de Pete Dockerty (ne vous méprenez pas, ceci n’est qu’une transcription phonétique du nom de ce cher Peter : j’aurai au moins appris une chose en Angleterre…) au moment où celui-ci gagnera son bus afin de s’abreuver et de s’adonner au pratiques rock’n’rollesques que nous lui connaissons. (Mais non mais non, il a arrêté..)

...To be continued...